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Se lancer en Freelance : Créer son activité


Par Candice Giami, le 25/04/2025

Se lancer en Freelance : Créer son activité

De plus en plus de personnes souhaitent se lancer en Freelance. Ce guide vous aide à choisir votre statut juridique, à explorer l'alternative du portage salarial, à découvrir les aides disponibles, et à comprendre la fiscalité et les modes de rémunération.

Lorsqu'on se lance dans le Freelance, une multitude de questions surgissent :
- Quel statut juridique choisir ?
- Est-il possible d'exercer par le biais du portage salarial ?
- Peut-on bénéficier d'aides pour créer son activité ?

Nous voulons répondre à vos questions dans ce billet.
Nous allons d'abord nous concentrer sur le choix du statut juridique entre l'Entreprise Individuelle et la société. Nous parlerons également du portage salarial, une alternative intéressante offrant plusieurs avantages.
Nous aborderons ensuite la mise en place de l'activité à travers les aides possibles, le choix du régime de TVA et les modes de rémunération d'une personne en Freelance.

Pour conclure cet article, nous vous proposerons un exemple concret d'une personne souhaitant devenir Freelance.


Choisir la structure adéquate pour son activité de Freelance

Se lancer en Freelance passe d'abord par une étape fondamentale : le choix de sa structure juridique. Cette décision impacte directement votre statut social, vos obligations fiscales, ainsi que la protection de votre patrimoine personnel.

Il existe plusieurs solutions adaptées selon votre profil et vos ambitions. Entre la création d'une société disposant de sa propre personnalité juridique et l'option plus souple de l'entreprise individuelle, le choix peut sembler complexe.
À cela s'ajoute la possibilité d'opter pour un fonctionnement en micro-entreprise, offrant des démarches simplifiées, ou encore d'explorer le portage salarial, alternative permettant d'allier autonomie et sécurité sociale.

Dans cette première partie, nous allons d'abord présenter les principales structures juridiques accessibles pour les Freelances, puis nous nous intéresserons au portage salarial, une solution qui peut convenir à ceux qui souhaitent tester leur activité tout en limitant les risques.

Choisir la structure adéquate pour son activité de Freelance

Source : Unsplash


Créer son activité sous forme d’EURL, EI ou micro-entreprise

Avant de lancer son activité Freelance, il est crucial de choisir la structure juridique adaptée à son projet. Ce choix détermine non seulement la protection de votre patrimoine personnel mais aussi votre statut social et votre régime fiscal.

- L'ENTREPRISE UNIVERSELLE À RESPONSABILITÉ LIMITÉE (EURL)
L'Entreprise Universelle à Responsabilité Limitée est une société qui permet à l'entrepreneur de limiter sa responsabilité au montant de ses apports. L'EURL possède une personnalité morale distincte de celle de l'entrepreneur. Ce type de société convient aux personnes souhaitant protéger leur patrimoine personnel tout en gardant un contrôle sur leur activité. L'unique associé peut déléguer la gestion tout en conservant ses droits, et il est seul à participer aux bénéfices et aux pertes.

Concernant la fiscalité de l'EURL :
Par défaut, les bénéfices sont imposés à l'Impôt sur le Revenu (IR) dans la catégorie BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux) pour les activités commerciales ou artisanales, ou BNC (Bénéfices Non Commerciaux) pour les professions libérales.
Il est également possible d'opter pour l'Impôt sur les Sociétés (IS), mais cette décision est irrévocable.

Sous certaines conditions de chiffre d'affaires, l'entrepreneur peut bénéficier du régime fiscal de la micro-entreprise.

Concernant le régime social :
Le régime social de l'EURL est celui de la Sécurité Sociale des Indépendants (ex RSI). Le gérant doit verser ses cotisations auprès de l'URSSAF. Pour bénéficier d'une meilleure protection sociale, il est possible de souscrire des contrats Madelin permettant de déduire fiscalement des cotisations supplémentaires.

Les démarches de création d'une EURL sont les suivantes :
- Rédiger les statuts de la société.
- Ouvrir un compte bancaire professionnel et y déposer les apports.
- Publier un avis de constitution dans un journal d'annonces légales.
- Déposer le dossier complet au greffe du Tribunal de Commerce pour obtenir l'immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS).


- L'ENTREPRISE INDIVIDUELLE (EI)
L'Entreprise Individuelle est une forme juridique plus simple et rapide à créer. Elle ne dispose pas de personnalité morale propre, ce qui signifie que le patrimoine professionnel et personnel sont confondus. En cas de difficultés financières, les biens personnels peuvent être saisis (à l'exception de la résidence principale).

Il existe une variante appelée l'EIRL (ENTREPRISE INDIVIDUELLE À RESPONSABILITÉ LIMITÉE), qui permet d'affecter un patrimoine professionnel distinct sans créer une personnalité morale. Il suffit de déclarer les biens professionnels utilisés.

Concernant la fiscalité de l'EI :
- L'entrepreneur est imposé à l'IR, dans la catégorie BIC ou BNC selon son activité.
- En cas de déficit, celui-ci est imputé sur le revenu global. Si ce revenu est insuffisant, le déficit est reportable sur 5 ans.
- L'entrepreneur peut opter pour l'IS, avec une possibilité de renoncement pendant les 4 premiers exercices suivant l'option.

Concernant le régime social :
- Le chef d'entreprise est affilié à la Sécurité Sociale des Indépendants.
- Il n'y a pas de distinction entre rémunération et bénéfice : le calcul des cotisations se fait sur l'ensemble du résultat.
- Contrairement à un salarié, l'entrepreneur individuel ne peut pas bénéficier de l'assurance chômage.

Les démarches pour créer une EI sont allégées :
- Dépôt d'un simple dossier auprès du Centre de Formalités des Entreprises (CFE) compétent qui se chargera de transmettre aux organismes concernés.
- Le statut de micro-entrepreneur (anciennement auto-entrepreneur) est une forme simplifiée d'entreprise individuelle, adaptée aux Très Petites Entreprises (TPE) ne dépassant pas certains seuils de chiffre d’affaires.

> Les principaux avantages du micro-entrepreneur sont :
- Des démarches de création extrêmement simples : déclaration en ligne à l'URSSAF, immatriculation rapide au RCS ou au Répertoire des Métiers selon l'activité.
- L'application d'un abattement forfaitaire sur le chiffre d'affaires pour déterminer le revenu imposable :
• 71% pour les activités d'achat-vente.
• 50% pour les prestations de services commerciales ou artisanales.
• 34% pour les activités libérales.
- Une protection sociale semblable à celle des autres travailleurs indépendants : assurance maladie, allocations familiales, assurance retraite, assurance invalidité-décès.

> Cependant, il existe aussi des inconvénients majeurs :
- Le patrimoine personnel et professionnel est confondu (responsabilité illimitée), sauf pour la résidence principale.
- Il n'est pas possible de déduire les charges réelles ni d'amortir les immobilisations. Seules les recettes sont prises en compte.
- Des seuils de chiffre d’affaires doivent être strictement respectés :
• 176 200 € HT pour les ventes et achats de biens.
• 72 500 € HT pour les prestations de services commerciales, artisanales et libérales.

Créer son activité sous forme d’EURL, EI ou micro-entreprise

Source : Unsplash


Le portage salarial, une alternative au statut classique

Le portage salarial est une solution alternative proposée aux Freelances qui souhaitent exercer leur activité sans créer leur propre structure juridique. Cette formule combine autonomie dans la gestion de son activité et statut de salarié.

-> Définition :
Le portage salarial repose sur une relation triangulaire entre trois acteurs : le freelance (appelé salarié porté), l'entreprise cliente et la société de portage. Le salarié porté signe un contrat de travail avec la société de portage qui facture les prestations à l'entreprise cliente. En contrepartie, la société reverse un salaire au porté, après prélèvement de ses frais de gestion.

Il est important de noter que seules les activités de prestations de services intellectuels sont éligibles. Les prestations de services à la personne (comme le jardinage, le soutien scolaire, etc.) sont exclues du portage salarial.

Le salarié porté peut démarcher lui-même ses clients, négocier les modalités de ses missions et fixer ses tarifs, sans pour autant exister juridiquement en tant qu'entreprise.
Malgré l'existence d'un contrat de travail, il n'y a pas de lien hiérarchique entre la société de portage et le salarié porté.

Avantages du portage salarial :
- Le porté bénéficie de la protection sociale classique des salariés : assurance maladie, retraite, chômage, et congés payés (5 semaines par an).
- Il dispose d'une totale liberté pour choisir ses clients et négocier ses prestations.
- Il bénéficie d'une rémunération minimale garantie par la société de portage, assortie d'une indemnité de 5% du chiffre d'affaires réalisé.

Cette solution sécurise les débuts en Freelance tout en offrant la flexibilité de l'indépendance.

Inconvénients du portage salarial :
- Le Freelance devient dépendant de la société de portage pour sa rémunération et sa gestion administrative.
- Il ne perçoit aucun revenu en l'absence de missions réalisées pour des clients.
- Il ne détient aucune structure propre : il reste salarié de l'entreprise de portage et n'est pas chef d'entreprise.
- Une partie significative du chiffre d'affaires est absorbée par les frais de gestion de la société de portage, ce qui limite la rémunération nette.

Notre avis sur le portage salarial :
Le portage salarial constitue une excellente solution pour les Freelances qui souhaitent sécuriser leur transition vers l'indépendance, notamment grâce aux avantages sociaux liés au statut de salarié. Cependant, cette dépendance à une entreprise tierce, l'absence de création d'une structure personnelle et la limitation de la rémunération peuvent déplaire aux entrepreneurs aspirant à une véritable indépendance totale. Ce modèle est donc davantage recommandé pour des profils souhaitant tester une activité en douceur plutôt que pour ceux désirant entreprendre de manière pérenne et totalement autonome.


Mettre en place et sécuriser son activité de Freelance

Une fois votre structure juridique choisie, l'étape suivante consiste à organiser concrètement votre activité de Freelance.
Se lancer en indépendant demande non seulement de bien maîtriser les démarches de création, mais aussi d’optimiser vos ressources financières, fiscales et sociales.
Il existe plusieurs dispositifs d’aides accessibles pour accompagner votre lancement, ainsi que des choix stratégiques à faire concernant la TVA et votre mode de rémunération.

Dans cette deuxième partie, nous allons d'abord explorer les principales aides financières et matérielles destinées aux créateurs d'entreprise.
Nous verrons ensuite les éléments fiscaux essentiels à connaître pour bien gérer votre activité au quotidien, et nous terminerons par les différentes options de rémunération possibles selon votre statut.

Mettre en place et sécuriser son activité de Freelance

Source : Unsplash


Les aides financières et matérielles disponibles

Se lancer en Freelance nécessite souvent un investissement personnel important. Entre la constitution d'un dossier de création, l'élaboration d'un budget prévisionnel, le lancement de l'activité et la gestion quotidienne, les obstacles financiers peuvent freiner certains projets. Heureusement, plusieurs dispositifs d'aides existent pour accompagner les entrepreneurs dans la création ou la reprise d’une entreprise.

LE NOUVEL ACCOMPAGNEMENT POUR LA CRÉATION OU LA REPRISE D'ENTREPRISE (NACRE) :
Le NACRE est un programme d'accompagnement sur trois ans. Il intervient dans trois domaines :
- L'aide au montage du projet : en finalisant techniquement le projet pour le rendre présentable aux financeurs et partenaires, en anticipant les éventuelles difficultés.
- L'aide à l'établissement de la structure financière : en validant la viabilité financière et en recherchant des moyens de financement, y compris l'obtention éventuelle d'un prêt à taux zéro.
- L'accompagnement au démarrage et au développement : pendant les trois premières années, avec un appui pour s'adapter aux évolutions du marché et anticiper les difficultés économiques.

Pour bénéficier du NACRE, il faut entrer dans certaines catégories comme être jeune de moins de 25 ans, bénéficiaire du RSA, de l'ARE ou de l'ASS, ou résider dans un Quartier Prioritaire de la Ville (QPPV).
La demande d’accompagnement doit être adressée à un organisme conventionné par l’État et la Caisse des Dépôts, via les Conseils régionaux ou les préfectures.


L'AIDE À LA CRÉATION OU À LA REPRISE D'UNE ENTREPRISE (ACRE) :
L’ACRE permet une exonération partielle des charges sociales pendant la première année d’activité. Elle s'adresse à de nombreux profils, notamment :
- Les demandeurs d'emploi indemnisés ou non,
- Les bénéficiaires du RSA, de l'ASS,
- Les jeunes de moins de 26 ans, ou moins de 30 ans en situation de handicap,
- Les personnes porteuses d'un projet en QPPV,
- Les bénéficiaires de la PreParE.

La demande doit être faite auprès de l'URSSAF au moment du dépôt du dossier de création ou dans les 45 jours suivants.
L'exonération est totale si les revenus sont inférieurs à 30 852 €, dégressive jusqu'à 41 136 €, et nulle au-delà. Certaines cotisations ne sont pas exonérées, comme la CSG, la CRDS, la formation professionnelle et la retraite complémentaire obligatoire.


L'AIDE À LA REPRISE OU À LA CRÉATION D'ENTREPRISE (ARCE) :
L'ARCE est une aide financière spécifique pour les bénéficiaires de l’ARE qui souhaitent créer ou reprendre une entreprise. Elle consiste à recevoir 45% des droits restants à l’ARE sous forme de capital, en deux versements :
- La moitié au moment du lancement effectif de l’activité, à condition de cesser d'être inscrit comme demandeur d'emploi.
- Le solde six mois après, sous réserve que l’activité soit toujours en cours.

Pour bénéficier de l’ARCE, il est nécessaire d’avoir obtenu l’ACRE auparavant. La demande est à adresser à France Travail, accompagnée d’un justificatif de création ou de reprise d'entreprise (par exemple un extrait Kbis).


La fiscalité et la rémunération en Freelance

Au-delà des aides financières, une bonne gestion de l’activité Freelance passe par le choix judicieux du régime fiscal et du mode de rémunération. Ces décisions auront des conséquences directes sur vos obligations déclaratives, votre trésorerie et votre protection sociale.

->Le choix du régime de TVA :
- La franchise en base de TVA dispense de facturer la TVA si le chiffre d’affaires ne dépasse pas :
• 85 800 € pour les activités d'achat-vente.
• 34 400 € pour les prestations de services. Vous ne collectez ni ne déduisez la TVA. En cas de dépassement, il faudra changer de régime.

- Le régime réel simplifié s'applique pour les entreprises ayant un chiffre d'affaires :
• entre 85 800 € et 818 000 € pour l’achat-vente,
• entre 34 400 € et 247 000 € pour les prestations de services. Vous payez deux acomptes semestriels de TVA, et une déclaration annuelle de régularisation est exigée.

- Le régime réel normal impose une déclaration mensuelle (ou trimestrielle si la TVA due est inférieure à 4 000 € par an). Il s’applique :
• aux entreprises dépassant 789 000 € HT en ventes ou 238 000 € HT en services,
• ou choisissant volontairement ce régime.

En cas de crédit de TVA (plus de TVA récupérable que collectée), vous pouvez demander un remboursement (à partir de 760 €) ou reporter le crédit sur la prochaine déclaration.


Le mode de rémunération du Freelance :
- Le salaire est la solution classique. Il est versé mensuellement ou ponctuellement.
• Avantages : ouvre droit à la protection sociale (assurance maladie, retraite), déductible fiscalement du résultat imposable, possible même sans bénéfice.
• Inconvénients : coût élevé (près du double du montant net touché), imposition sur le revenu (traitements et salaires), coût supplémentaire pour la gestion de la paie si externalisée.

- Les dividendes sont versés après clôture de l’exercice et en cas de bénéfice.
• Avantages : pas de cotisations sociales, prélèvements sociaux (17,2%) et fiscaux (12,8%) directement prélevés à la source, abattement de 40% sur l’imposition du revenu.
• Inconvénients : double imposition pour les sociétés soumises à l’IS, pas de constitution de droits à la protection sociale, dépend du résultat de l’entreprise, partage nécessaire en cas de plusieurs associés.

Pour les entrepreneurs individuels, il n'y a pas de distinction entre salaire et dividendes : leur rémunération correspond directement au résultat de leur entreprise.

Notre avis :
-> Si vous privilégiez la sécurité financière et la couverture sociale, optez pour le versement de salaire.
-> Si vous voulez réduire les charges sociales et maximiser vos revenus en cas de bons résultats, les dividendes peuvent être une alternative intéressante.
Cependant, le choix entre salaire et dividendes doit être fait en fonction de votre situation personnelle, de vos objectifs patrimoniaux et de la stabilité de votre activité.






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